Chiang Maï est la porte d'entrée de la Thaïlande du Nord. Nichée au cœur des premiers contreforts montagneux de l'ancien royaume de Siam, la Rose du Nord est beaucoup moins peuplée et polluée que Bangkok, même si les stigmates de la modernité ne l'ont pas épargnée. Chiang Maï est le point de départ de nombreux treks dans la région, à la découverte des tribus des montagnes.
En saison sèche (novembre à mai), meilleure période de l'année pour éviter boue et sangsues, les nombreuses agences spécialisées attendent de pied ferme aussi bien les touristes en goguette que les trekkeurs expérimentés. Bien sûr, plus on s'éloigne de Chiang Maï et plus l'authenticité des tribus est réelle.
Pour rejoindre Chiang Raï, plus au nord, deux escales s'imposent, l'une aux temples de Lampang Louang, l'autre dans l'école des éléphants de Thung Kwian. Les éléphants suivent en effet un long apprentissage (six ans!) avant d'aller travailler dans les forêts de teck de la région, très belles mais gravement menacées en raison d'une déforestation massive.
Chiang Raï est située en bordure du fameux Triangle d'Or, au carrefour des frontières de la Birmanie et du Laos. Les tribus montagnardes constituent la vraie richesse d'une région surtout connue pour la culture du pavot.
Les villages les plus nombreux sont situés au nord de Chiang Raï, entre la rivière Kok - que les visiteurs descendent en pirogue - et le Mékong. Les origines de ces peuples sont multiples: les Akhas sont venus de Birmanie, les Hmongs de Chine, les Lahus et les Lisus sont de souche tibéto-birmane.
On trouve même des chinois du Kuo-Ming Tang ayant fui la Chine à l'arrivée des communistes.
Plus à l'ouest, à la frontière birmane, la ville de Mae Hong Son est peuplée par les Shans et par d'autres ethnies. La grande attraction, c'est bien sûr la visite des Padaung. Cette tribu, appartenant au groupe des Karens, est surtout connue pour les fameuses femmes-girafes. L'ethnie est d'ailleurs appelée également "longs cous".
L'immigration des Padaung en Thaïlande, contrairement à d'autres groupes ethniques, ne date que de quelques décennies. L'absence de contacts avec l'extérieur aura pendant longtemps maintenue cette tradition qui consiste à orner le cou avec des anneaux en laiton. Une tradition lucrative que les professionnels du tourisme feront tout préserver...
© oopartir 2008 - Texte et photos : Pierre Marka

On aime
Il ne faut pas nier l'impact positif du tourisme. Auparavant cultivateur de riz en Birmanie, les Karens sont nombreux aujourd'hui à tisser des vêtements et faire de l'artisanat. A la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande, les retombées du boum touristique ont permis un décollage économique, dont le signe le plus visible est l'installation de l'électricité.
On aime moins
Les visiteurs se font parfois berner lorsqu'on leur présente certains villages comme tout à fait authentiques. D'autant que des responsables locaux et des commerçants peu scrupuleux font tout pour les duper. L'arrivée de bataillons de touristes conduit lentement à l'érosion des valeurs et des traditions culturelles des minorités ethniques. Les "villages" se dotent d'hôtels modernes, de commerces d'objets artisanaux et de débits de boissons sucrées.
Peu à peu, ces villages perdent ce qui attire précisément les visiteurs, c'est à dire leur véritable identité, au point que les professionnels du secteur s'emploient alors à trouver d'autres villages dans des régions toujours plus reculées. Parfois, certaines petites communautés sombrent dans ce que certains anthropologues appellent "l'ultime étape" de cette industrie, le trafic d'opium et la prostitution des enfants. Attention tout de même, ces phénomènes existent mais il ne faut pas les associer à tous les villages.
Bons plans et meilleurs prix sur la Thaïlande
Vous recherchez un vol , un hotel au meilleur prix, toutes les offres voyages sont sur liligo.fr
Les infos pratiques
. Formalités : Pas de visa pour un séjour de moins d’un mois ; le passeport doit être valable 3 mois après la date d'arrivée. Ambassade : 12 rue Lord Byron 75008 Paris Tél. : 01 42 89 89 24
. Décalage horaire/France : + 5 h en été et + 6 h en hiver
. Durée du vol Paris-Bangkok : environ 10h30 à l'aller et 11h au retour
. Santé : Aucun vaccin obligatoire.
. Monnaie : le Baht
. Indicatif téléphonique: 66 (puis 2 pour Bangkok)
. Electricité : 220 v (fiches européennes)
. Renseignements complémentaires auprès de l’office du tourisme (sur place : 90 Av des champs Elysées 75008 Paris ; Tél. : 01 45 62 86 56) ou via internet sur site de l’office du tourisme thaïlandais (en français).