Istanbul, entre deux rives du Bosphore
Byzance, Constantinople, Istanbul… au-delà de son riche passé, l'ancienne capitale turque est surtout une ville surprenante et vivante.
Byzance, Constantinople, Istanbul… successivement grecque, romaine, byzantine, orthodoxe, musulmane, et enfin laïque, l'histoire de la grande cité du Bosphore est inscrite dans ses noms comme dans la pierre.
Témoignages d'une splendeur passée, de Justinien à la Sublime Porte, lorsque les Empires byzantin et ottoman rayonnèrent sur tout le pourtour méditerranéen.
Basilique Sainte-Sophie
Istanbul est aujourd'hui une mégalopole surpeuplée de plus de dix millions d'habitants. Une ville aussi laide et bruyante qu'elle peut être belle et émouvante. Une cité en plein bouleversement avec l'arrivée des migrants ruraux en provenance d'Anatolie et d'ailleurs.
Le choc est frontal entre modernité et archaïsme, laïcité et fondamentalisme, opulence et dénuement, Orient et Occident. Même sa géographie l'interpelle, avec deux tiers de sa population en Europe et le tiers restant en Asie.
Vue sur le Bosphore depuis le Palais Topkapi
Le pont de Galata, poste d'observation idéal, surplombe la Corne d'Or, étroite langue de mer séparant le vieil Istanbul de l'autre rive européenne.
Sur le pont où pêcheurs et vendeurs à la sauvette ferrent des poissons de différentes espèces, s'offre une vue superbe sur
Sultanahmet, la partie la plus ancienne de la ville : les collines sont hérissées par les minarets des majestueuses mosquées aux coupoles et demi-coupoles en cascade. Cette partie sud de la ville rassemble ses monuments emblématiques.
Le Grand Bazar
La
basilique Sainte-Sophie d'abord : la ville lui doit l'architecture de ses principales mosquées.
Eglise puis mosquée avant de devenir musée,
Aya Sofia stupéfie depuis maintenant mille ans le visiteur par sa beauté et les volumes de sa nef.
La
mosquée Bleue (Sultan Ahmet), à deux pas de Sainte-Sophie, impressionne par son immense salle de prière, ses innombrables fenêtres et ses faïences bleues. Autre site incontournable, le "palais englouti", la
citerne-basilique romaine de Yerebatan Sarayi et ses 336 colonnes corinthiennes englouties (cf le James Bond "Bons baisers de Russie"…).
Palais de Topkapi (le Harem)
Une autre mosquée magnifique surplombe la Corne d'Or, la
Süleymaniye ("mosquée de Suliman") ; l'ouvrage bâti par Sinan, grand architecte ottoman d'origine arménienne, s'inscrit dans un vaste complexe religieux comprenant cinq medersas, un hospice, un hôpital, un imaret (réseau d'aide social à l'époque ottomane)…
Le palais de Topkapi témoigne des fastes de la cour des sultans ottomans ; les bâtiments du harem comprennent à eux seuls quelque 400 pièces ! Aute labyrinthe, bien vivant celui-là,
le Grand Bazar, auquel on accède par l'une ou l'autre de ses dix-huit portes.
Vue sur la vieille ville depuis le pont de Galata
Cette immense caverne d'Ali Baba fourmille d'échoppes proposant bijoux, tapis, cuivre, orfèvrerie, vêtements en cuir, narghilés… On quitte le Grand Bazar pour mieux s'engouffrer dans les caravansérails alentours où s'activent des artisans dans de minuscules ateliers.
L'Orient ici pousse un peu sa Corne. Un café ombragé, dans une reposante courette, invite à de prendre un thé à la menthe et fumer le narghilé.
Les appels des muezzins y rythment encore la vie des Stambouliotes affairés. En face du pont de Galata, le bazar égyptien - ou marché aux épices - permet aux touristes de faire leurs provisions de loukoums et d'épices.
Le quartier-village d'Orkatoy
Toujours sur la rive de la vieille ville se trouve l'un des chefs d'oeuvre incontournable d'Istanbul, le Musée Karye, ancienne
église Saint-Sauveur-in-Chora, construite au 11ème siècle.
Sa décoration intérieure fut réalisée au 14ème siècle. L'église renferme une série de mosaïques à fond d'or exceptionnelles, et des fresques de la renaissance byzantine d'un remarquable raffinement.
De l'autre côté du pont, la tour de Galata offre une vue superbe sur la ville. Plongez-vous dans le très vivant quartier de Pera.
Mosquée près de la marina de Bebek
Dans
Istiklal Caddessi, grande artère piétonne de la colline de Beyoglu et vitrine moderne de la Turquie traversée par son vieux tram, des silhouettes élégantes côtoient des femmes dissimulées derrière le Kara çarsaf (le tchador noir).
Vous passerez devant le lycée francophone de Galatasaray, ou tomberez nez à nez sur le Pera Palas, hôtel construit au XIXème siècle pour les clients de l'Orient-Express, artistes, écrivains, têtes couronnées, sans oublier quelques espions célèbres…
Les fresques superbes de l'ancienne église
St Sauveur in Chora
L'embarcadère se trouve en contrebas de la tour de Galata: vous voilà partis pour une
croisière sur le Bosphore. L'occasion d'admirer le beau et vaste
palais rococo de Dolmabahçe (ç se prononce tch en turc), les
yalis, ces ravissantes maisons centenaires en pans de bois bordant les rives, les deux grands ponts suspendus, de petits ports de pêcheurs réaménagés en agréables lieux de sorties.
Un yali le long du Bosphore
Vous passerez devant l'agréable quartier-village d'Ortaköy, entrelacs de vieilles maisons et de ruelles, où il fait bon venir boire un verre ou diner, attablée à l'une des nombreuses terrasses de ses cafés et restaurants.
Vous vous laisserez alors emporter par le ballet incessant des vapurs (ferry-boats) cabotant le long du Bosphore, des pétroliers et autres porte-containers reliant la mer de Marmara à la mer Noire par le détroit. Une affluence qui fait craindre une catastrophe. Comme la menace bien réelle d'un tremblement de terre. Mais la fragile Istanbul a survécu à tellement d'autres maux…
© oopartir 2011 - Texte et photos : Vincent de Monicault
Intérieur de la mosquée du Sultan Mihrimah
sur la rive asiatique, oeuvre du grand
architecte d'origine arménienne Sinan
Quand partir, quel budget ?
Il fait parfois très froid en hiver et très chaud en été : privilégiez les saisons intermédiaires, l'automne et le printemps. Côté budget, on trouve des formules week-end (3 à 4 jours) pour des prix parfois très attractifs, à partir de 300 euros par personne le forfait vols + transferts + hôtel. De plus, les restaurants sont moins chers qu'en France. Au Grand Bazar, n'oubliez surtout pas de beaucoup marchander…
On aime
… sa vie nocturne, entre night-club et boites de jazz, de Beyoglu aux rives du Bosphore.
On aime moins
Si possible visez la catégorie d'hôtel un peu supérieure : les grands voyagistes commercialisent souvent, en entrée de gamme, des hôtels de catégorie moyenne… très moyens, avec des halls d'accueil et des chambres tristes à mourir, de plus situés souvent dans des quartiers où les mots architecture et urbanisme semblent encore inconnus…
Attention
. Le Grand Bazar est fermé le dimanche
. Les piétons n'ont pas souvent la priorité sur les passages piétons...
Comment s'y rendre ?
De nombreuses compagnies aériennes volent sur Istanbul. Les voyagistes font souvent appel à des transporteurs charter ; la sécurité n'est pas en cause, seul le service à bord laisse parfois à désirer.
Accès à l'aéroport
L'aéroport Atatürk Havalimani est situé à 23 kilomètres du centre d'Istanbul.
Où manger ?
Le Poseidon, restaurant de poisson situé au pied du Bosphore, non loin du quartier Orkatoy. Excellent rapport qualité-prix.
Le Rejans, une institution (si vos moyens vous le permettent) : vous dînerez peut-être à la table de Mustapha Kemal, le fondateur de la Turquie moderne et laïque.
Où boire un verre ?
Au fond de la Corne d'Or, dans le quartier d'Eyüp, ne manquez pas le café Pierre Loti, son cadre oriental agréable agrémenté de portraits de l'écrivain, et sa terrasse offrant un panorama splendide sur la Corne d'Or. A noter que le café est situé à deux pas de la mosquée d'Eyüp, l'un des principaux Lieux saint de l'islam.
Les infos pratiques
. Formalités : Carte d'identité nationale de moins de 10 ans ou passeport même périmé depuis moins de 5 ans (pour 3 mois).
. Santé Aucun vaccin nécessaire
. Monnaie : la livre turque
. Langues : turc (langue officielle) + langues des minorités (kurde, arménien, grec, etc)
. Décalage horaire : + 1h
. Durée du vol/Paris: environ 4h
. Indicatif téléphonique: 00 90 (+ indicatif des villes . Ex : 212 pour Istanbul)
. Electricité : 220 v (adpatateurs parfois nécessaires)
. Renseignements supplémentaires sur le site de l'office national du tourisme de Turquie