Voyager c'est aussi prendre le risque de tomber malade. Rassurez-vous, la plupart du temps, le voyageur n'attrape qu'une simple turista (ou maladie des mains sales) ; seuls 5% des touristes consultent un médecin pendant leur séjour ou à leur retour, dans la moitié des cas pour des diarrhées. Suivent les infections respiratoires et les affections dermatologiques.
Les décès en voyage sont très rares et correspondent dans la moitié des cas à des maladies cardiovasculaires. Les maladies infectieuses - parmi lesquelles les maladies tropicales dont le paludisme, les menaces les plus redoutées par les voyageurs - ne représentent que 1 à 3% des décès. A noter enfin que le risque de tomber malade augmente avec l'âge.

Recommandations sanitaires sur les principales maladies
. Institut Pasteur : www.santevoyage.org
. Institut de veille sanitaire (point sur le Chikungunya notamment): www.invs.sante.fr
. Consulter le bilan 2006 de l'institut de veille sanitaire
Le site de l'OMT sur la grippe aviaire
. Le site de l'Organisation mondiale du tourisme sur la grippe aviaire : sos.travel (en anglais)
Recommandations selon le pays
. Le site de l'institut Pasteur à Lille : www.pasteur-lille.fr/
. Le site du CIMED (Comité d'informations médicales) : www.cimed.org
Les centres de vaccination
. Voir les sites www.smi-voyage-sante.com ; le Centre Air France à Paris
L'hygiène, des gestes simples mais indispensables
L'eau, un risque au quotidien
Soleil et chaleur: prenez le temps de vous acclimater
Méfiez-vous des piqûres et morsures d'insectes et d'animaux
Le paludisme: prévoyez le risque avant de partir
Les autres infections (dengue, turista, fièvre jaune)
Protégez votre enfant mieux que vous-même
Femmes enceintes: des contraintes multiples
Personnes âgées: prévoyance et vigilance
Cardiaques, restez prudents
Diabète: pas de contre-indications mais un minimum d'information
Trousse médicale de voyage: soyez sélectifs
Jetlag, mal des transports et peur en avion
L'hygiène, des gestes simples mais indispensables
Les maladies diarrhéiques touchent plus d'un voyageur sur deux visitant certains pays en développement, comme l'Inde ou le Kenya. La "turista" survient généralement au début du séjour, ne dure pas longtemps et n'est pas dangereuse, même si elle peut vous clouer au lit.
L'hygiène alimentaire étant la seule réponse aux diarrhées, nous vous recommandons d'appliquer quelques règles de base. Consommez des viandes, poissons et crustacés suffisamment cuits. Evitez les légumes crus et les fruits sans enveloppe. Pelez les autres fruits et légumes avant de les consommer.
Il faut beaucoup boire, au moins deux litres d'eau (de bonne qualité) par jour. Plus encore en voyage que chez vous, lavez vos mains avant chaque repas et en sortant des toilettes. Respectez aussi une hygiène corporelle simple qui vous protégera efficacement contre de nombreux ennuis cutanés.
L'eau, un risque au quotidien
Eau de consommation. Il faut tenir compte à la fois de l'eau que vous buvez, mais aussi de l'eau qui vous permet de laver des aliments crus, de l'eau qui sert à fabriquer glaces et glaçons. L'eau de consommation est en effet le véhicule d'un certain nombre de maladies comme la typhoïde, le choléra, l'amibiase et autres maladies diarrhéiques.
On recommande donc d'utiliser soit de l'eau bouillie (au moins 15 minutes, il s'agit de la solution la plus efficace mais aussi de la moins pratique!), de l'eau en bouteille capsulée (même si on n'est jamais sûr qu'elle n'a pas été recapsulée après avoir été remplie - au mieux - par l'eau du robinet), de l'eau filtrée ou encore de l'eau traitée (hydroclonazone, micropur, iode, eau de javel).
Attention, dans le cas du traitement de l'eau, le résultat n'est pas immédiat. Le risque de contracter une infection en se lavant les dents avec une eau de robinet est minime. Toutefois, si l'eau est "douteuse", il est préférable d'utiliser une eau traitée.
Eau de baignade. Ne vous baignez pas n'importe où, car l'eau est un excellent véhicule de micro-organismes. Evitez surtout les eaux stagnantes des mares, marigots, lacs, et même de certains fleuves comme le Nil, surtout en raison des risques de bilharziose. Et ne vous fiez pas à sa clarté: une eau limpide n'est pas obligatoirement propre. N'oubliez pas enfin que l'hydrocution et la noyade constituent les risques majeurs des baignades.
Soleil et chaleur: prenez le temps de vous acclimater
On connaît la plupart des bienfaits du soleil et de la chaleur. Prenez garde à leurs méfaits, particulièrement durant les 48 heures qui suivent votre arrivée. Evitez en priorité tout effort physique important pendant les heures chaudes. Inspirez-vous des habitudes locales, faites notamment la sieste. Attention aux coups de soleil, à l'insolation et surtout au coup de chaleur.
Protégez votre tête avec un chapeau et vos yeux avec des lunettes de soleil efficaces. Les vêtements blancs ou clairs seront légers et vagues, afin de laisser l'air circuler au niveau de la peau. Pour les sujets à "peau sensible", il faut éviter de porter des vêtements en fibres synthétiques sous les climats chauds. Les meilleurs tissus sont le coton et le lin. Enduisez-vous régulièrement avec un crème solaire à fort pouvoir filtrant sur les parties découvertes du corps.
N'attendez pas d'avoir soif pour boire de l'eau (de bonne qualité et en grande quantité). Evitez les boissons alcoolisées lors de l'exposition au soleil. Prenez si possible une douche plusieurs fois par jour pour éviter les coups de chaleur. Dernière recommandation liée à la chaleur: attention aux risques d'angines provenant des climatisations trop fortes, notamment dans les hôtels et centres commerciaux.
Méfiez-vous des piqûres et morsures d'insectes et d'animaux
Les moustiques. Le soir, portez des vêtements qui protègent tout le corps. Il est aussi recommandé d'enduire les parties de son corps non couvertes avec un répulsif. Pour lutter aussi contre les moustiques, on a le choix entre la bombe insecticide, les diffuseurs électriques contenant de l'alléthrine, les ultrasons (peu efficaces), les spirales anti-moustiques, le foudroyage électrique ou encore la moustiquaire.
Les insectes et animaux venimeux. Les piqûres et morsures des araignées, scorpions, serpents et autres scolopendres, même si elles sont très rarement mortelles, peuvent être parfois dangereuses. En cas de piqûre de serpent, nous recommandons de nettoyer et désinfecter la plaie, et plutôt d'éviter d'utiliser les sérums antivenimeux, lesquels voyagent mal (conservation au froid requise) et ne sont pas toujours adaptés.
Dans les régions à risque, évitez de faire du bruit en marchant. Ouvrez votre chemin avec un bâton. Portez chaussures hautes et pantalons. Les insectes bougent surtout la nuit: il est recommandé de se munir d'une torche, d'ouvrir son lit le soir et de secouer chaussures et vêtements avant de les mettre le matin.
Autres. Evitez de marcher pieds nus, surtout sur les plages, en raison des insectes et autres parasites. Sachez qu'il existe de nombreuses maladies "tropicales" dont les insectes sont les vecteurs (maladie du sommeil, maladie de Chagas) mais qui touchent très peu de voyageurs.
Le paludisme: prévoyez le risque avant de partir
Le paludisme est aujourd'hui l'une des maladies les plus graves au monde. En France, 4.000 cas environ sont déclarés chaque année, dont 80% de personnes en provenance ou de retour d'Afrique. Cette maladie parasitaire est transmise par le moustique anophèle. Ce dernier pique l'homme la nuit, du crépuscule à l'aube, et surtout pendant la saison des pluies.
Aucune protection contre le paludisme n'est aujourd'hui totalement efficace. Elle est globalement satisfaisante dans certains pays avec la nivaquine, un peu moins dans les pays nécessitant une combinaison paludrine/savarine, et encore moins dans les pays avec prévalence élevée de chloroquinorésistance ou multirésistance, où l'on recommande le Lariam et la Vibramycine.
La meilleure solution est encore de ne pas se faire piquer. Le soir, portez des vêtements qui protègent tout le corps. Il est aussi recommandé d'enduire son corps non couverts, voire ses vêtements, avec un insecticide. Vous pouvez aussi vous débarrasser des moustiques avec des plaquettes, serpentins, vaporisateurs, diffuseurs électriques, moustiquaires, voire la climatisation (le moustique perd alors son agressivité).
En savoir plus :
Les autres infections
. La dengue
. La turista
. la fièvre jaune
Protégez votre enfant mieux que vous-même
Chaleur et soleil. Ils sont les principaux ennemis de l'enfant en vacances. La déshydratation est très fréquente. Il faut veiller à le faire boire (une eau de bonne qualité), à le protéger du soleil et de la chaleur. Il est également beaucoup plus sensible aux diarrhées. Pour réhydrater un enfant, on peut éventuellement préparer soi-même une solution contenant 2 cuillères à soupe pleines de sucre en poudre et 1/2 cuillère à café de sel dans un litre d'eau bouillie.
Paludisme et fièvre jaune. Prescrivez une chimioprophylaxie du paludisme adaptée, en n'oubliant pas que la méfloquine (Lariam) est contre-indiquée chez les enfants de moins de 15 kg et que la doxycycline est à éviter chez les enfants de moins de 8 ans. Par ailleurs, la vaccination contre la fièvre jaune peut être pratiquée à partir de six mois, mais n'est jamais exigée pour un enfant de moins d'un an.
Femmes enceintes: des contraintes multiples
Pour la femme enceinte, voyager constitue un risque non négligeable pour elle-même et pour son enfant. Les transports aériens sont contre-indiqués après le huitième mois de grossesse. Les compagnies aériennes refusent d'ailleurs les femmes en fin de grossesse. La période idéale pour un voyage se situe entre la seizième et la vingt-huitième semaine de grossesse.
Chez la femme enceinte, tous les vaccins "atténués" sont contre-indiqués. Renseignez vous sur le vaccin contre la fièvre jaune si un voyage en zone d'endémie est prévu, surtout pendant le premier trimestre de grossesse. En effet, les avis divergent sur la question du risque encouru.
Le paludisme est beaucoup plus grave chez la femme enceinte. Une protection contre cette maladie est absolument indispensable, mais la prescription de méfloquine (Lariam), doxycycline et halofantrine (Halfan) est contre-indiquée au cours de la grossesse. Par ailleurs, si vous voulez éviter les piqûres de moustiques, demandez un avis médical, car peu de répulsifs sont utilisables.
Personnes âgées: prévoyance et vigilance
Avant de partir. Les personnes d'un certain âge doivent, plus que les autres, préparer leur voyage à l'avance. Un séjour à l'étranger est d'ailleurs un bonne occasion de vérifier la validité des vaccinations classiques (diphtérie/tétanos/poliomyélite). En cas de maladie chronique, il est souhaitable que le patient dispose d'un dossier médical rédigé en anglais, qui mentionnera sa maladie éventuelle, ses complications et le traitement.
Sur place. Les cardiaques doivent veiller à ne pas manger trop salé. Les insuffisants coronariens auront leur trinitrine à portée de main. L'apparition d'une diarrhée peut exposer à une perte de potassium d'autant plus grave que la prise d'un anti-diurétique est associée à la prise d'un anti-arythmique. Si vous présentez un mauvais état veineux, préservez-vous au maximum de la chaleur et de l'immobilité (phlébite). En avion, marchez dans le couloir afin de vous dégourdir les jambes, surtout sur les vols de longue durée. Attention enfin à l'altitude pour les sujets atteints d'affections respiratoires et/ou cardiovasculaires chroniques. N'entreprenez pas dès les premiers jours une longue balade à plus de 3.000 mètres d'altitude au Pérou ou au Népal.
Cardiaques, restez prudents
Si vous êtes malade du cœur, n'oubliez pas que vous subissez plus que tout autre les conséquences de la fatigue et du stress occasionnées par un déplacement lointain. N'hésitez pas à réaliser un bilan sérieux avant de partir. Le fonctionnement des pace-makers n'est en général plus affecté par les détecteurs des aéroports. Les porteurs de pace-makers doivent toutefois se faire connaître avant l'embarquement.
Ils doivent emporter avec eux le relevé des caractéristiques techniques de l'appareil cardiaque, car un dysfonctionnement peut toujours survenir au cours du voyage. De plus, la chaleur et la transpiration peuvent aggraver une hypotension et engendrer des troubles hydro-électrolytiques. Il faut par ailleurs prévoir une chimioprophylaxie antipalustre et un traitement présomptif adaptés en n'oubliant pas que certaines associations sont contre-indiquées: méfloquine et béta-bloquants, halofantrine et médicaments allongeant l'espace QT.
Diabète: pas de contre-indications mais un minimum d'information
Si vous êtes diabétique, sachez être le plus prévoyant possible. Partez si possible si votre diabète est bien stabilisé. Vous devez voyager avec le traitement nécessaire pour tout le séjour, ainsi qu'une quantité de réserve, et ne pas vous en séparer pendant tout le voyage. Il est judicieux de répartir le traitement en deux endroits différents. L'insuline se conserve bien à température ambiante le temps du voyage, mais ne doit pas être congelée (éviter la soute en avion!).
Emmenez des sucres d'action rapide contre d'éventuelles hypoglycémies et des collations en cas de retard sur les horaires des repas.
L'adaptation de l'insulino-thérapie lors d'un voyage qui comporte un décalage horaire doit se faire le jour du voyage pour vivre, dès l'arrivée, à l'heure locale. Pour un décalage de moins de 3 heures, on peut jouer sur les horaires d'injection sans modifier le protocole. Au delà de 3 heures, il faut prévoir un schéma d'ajustement thérapeutique. Côté paludisme, il existe peu de problèmes d'interactions médicamenteuses. En revanche, les diarrhées peuvent être parfois très graves.
Emportez avec vous la carte de diabétique, le carnet de surveillance, une ordonnance de secours, un certificat médical rédigé en anglais attestant de la maladie et de la nécessité de transporter des seringues, les coordonnées d'un correspondant local compétant en diabétologie, des papiers d'assurance "assistance rapatriement".
Trousse médicale de voyage: soyez sélectifs
Le choix des médicaments, du matériel de soins et pansements, des cosmétiques et produits d'hygiène, dépend très largement du pays visité. Côté médicament, nous recommandons notamment aux visiteurs de pays "chauds" un antalgique et antipyrétique (paracétamol ou aspirine), un anti-nauséeux, un antidiarrhéique, un antispasmodique, un antibiotique à large spectre contre les infections, du collyre pour les infections oculaires, des crèmes contre les réactions aux piqûres d'insectes et pour soulager les coups de soleil.
Vous pouvez aussi emmener un médicament contre le mal de pied, un laxatif, des gouttes auriculaires, un somnifère léger, un antihistaminique, un antiseptique urinaire ou encore un médicament contre le mal des montagnes. N'hésitez pas à demander à votre médecin de vous faire une ordonnance en CDI (Dénomination commune internationale) qui fait référence aux molécules et permet d'être lue par les médecins de tous les pays.
Le matériel de soins et pansements rassemble surtout les compresses stériles, sparadrap, seringues, pansements stériles hypo-allergéniques, antiseptique, pommade contre les coups et pansements hémostatiques. On peut aussi ajouter des bandes de contention, garrot, ciseaux, pommade antibiotique et pommade antiprurigineuse. Restent les cosmétiques et produits d'hygiène, notamment ceux permettant de se protéger du soleil, des moustiques, de désinfecter l'eau. Sans oublier boule-Quies, papier toilette, serviettes hygiéniques et préservatifs.
Jetlag, mal des transports et peu en avion
Peur en avion : Air France organise depuis plusieurs années des stages pour ceux qui ont peur avion. Une journée au cours de laquelle interviennent notamment pilotes et spécialistes du stress aéronautique. Avec un point d'orgue une séance dans un simulateur de vol. Le stage se révèle efficace à 95%. Ce qui explique son succès et sa liste d'attente de deux mois en moyenne, ceci malgré son coût relativement élevé (560 euros en 2008) qui peut toutefois être pris en charge par l'entreprise via le droit individuel à la formation. Plus d'infos au 01 41 56 47 56.