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Evasions culturelles

    

Liban, pays d'exception au Proche-Orient

Le tourisme au Liban, sinistré à intervalles réguliers, au gré des crises plus ou moins graves, s'emploie depuis près de vingt ans à renouer avec les années glorieuses ayant précédées la guerre civile. Variété de ses paysages, patrimoine culturel, diversité communautaire et religieuse, les atouts du pays du Cèdre sont pourtant multiples.

Du hublot de l'appareil en approche de l'aéroport de Beyrouth surgit au premier plan la Corniche le long de laquelle aiment à flâner les beyrouthins. Un soleil couchant transperce la grotte aux Pigeons.

Le superbe front de mer apparaît pourtant cerné de part et d’autres, ici par les immeubles détruits par les bombardements israéliens, là par une forêt de cubes de béton érigée dans un joyeux capharnaüm urbanistique.

Les promoteurs n’ont pas cessé depuis la guerre civile (1975-1991) leur œuvre de destruction massive d’une côte superbe, le long des quelque quarante kilomètres bordant la Méditerranée de Beyrouth à Byblos. Le Liban dévoile pourtant de belles surprises à hauteur d'homme.

Plus de quinze ans après la fin de la guerre civile, le pays des Cèdres panse de nouveau ses plaies. Avec toujours l’ambition de redevenir un important comptoir commercial, comme il le fut jusqu'en 1975 (sans même parler du rayonnement des Phéniciens il y a plus de deux mille ans). La plupart des touristes viennent y chercher, comme à l'époque de son âge d'or, une dolce vita à la libanaise tout autant qu'une liberté d'expression uniques dans le monde arabe.

Le Liban était en bonne voie, qui avait franchi le million de visiteurs en 2003, pour la première fois depuis trente ans. A l'époque, on la surnommait la "Suisse du Proche Orient", et pas seulement pour ses nombreuses banques et ses reliefs montagneux : les touristes se pressaient déjà dans ce petit pays pour y goûter sa douceur de vivre, son sens de l'hospitalité et sa vie nocturne trépidante.

Le centre-ville C'est sur ce même registre que le Liban accueille aujourd'hui les voyageurs. Avec toujours ces spécificités culturelles - la moitié de la population parle la langue de Molière - et religieuses - on compte dix-sept communautés : Maronites, Druzes, Chiites, Sunnites…- qui en font un pays totalement à part dans cette région du monde. Dans quel autre endroit mélange-t-on les langues au point d’interpeller le serveur d’un «maître, l’hseb please» pour demander l’addition ?

Beyrouth est redevenu une base arrière agréable pour rayonner à travers le pays. La capitale libanaise surprend d'abord par sa circulation, chaotique, par ses nœuds routiers dantesques, par ses nouvelles rocades rutilantes et ses petites routes défoncées.

Le piéton, lui, succombe rapidement à son charme oriental. La vie sociale s’est reconstituée autour des petits cafés ou l'on se retrouve le matin pour déguster un café turc et un manouché (galette au thym). On y joue aussi au "tric-trac" (backgammon) tout en fumant un narghilé.

Dans la capitale libanaise, les stigmates de la guerre - façades éventrées et murs couverts d'impacts de balles - disparaissent peu à peu. Le centre-ville ravagé par la guerre, réaménagé en zone résidentielle aux loyers exorbitants, n'en connaît pas moins une renaissance spectaculaire, avec ses terrasses de café prises d'assaut par une clientèle bigarrée, de la rue El-Maarad à la rue Abdel Malek en passant par la place de l'Etoile.

La Corniche (Beyrouth)

La place des Martyrs (ou place des Canons) voisine, autrefois cœur de la ville, attend encore les aménageurs. Au pied d'une immense mosquée en construction s'étendent les vestiges de la cité antique. La place ouvre sur le très ancien quartier Gemayzeh, côté "chrétien" à l'époque de la ligne de démarcation. Engagez-vous dans la rue Gouraud et prévoyez des haltes au café de Verre et dans le restaurant Le Chef.

Ne manquez pas non plus l’excellente table arménienne Mayrig dans la rue Pasteur toute proche. Plus haut, dans le quartier d'Achrafieh, se succèdent de ravissantes demeures dont celle du musée Sursock, des hôtels de charme, les grandes enseignes internationales et même le plus grand centre commercial du Proche-Orient, l'ABC Achrafieh. Le soir, la jeunesse dorée de Beyrouth chauffe les bars branchés de la rue Monot et alentours.

Les Français ont d'autres bonnes raisons de venir au Liban: la gastronomie et l'attachement des Libanais à la France, lesquelles font souvent bon ménage. Sa tradition d'hospitalité vous ouvrira les portes des maisons; on vous invitera à partager une cuisine unique au monde. Le mezzé - ce festival de hors-d'œuvre typiquement local - sera arrosé idéalement d'un verre d'arak, l’anisette locale, même si le Liban produit aussi de bons vins tels le Ksara ou le Kefraya.

L'amateur de tourisme balnéaire n’a pas besoin de s’éloigner beaucoup de Beyrouth pour trouver son bonheur. Les belles plages du sud de la capitale - telles l'Oceana et le Voile Bleu entre Jiyé et Sibline - sont très agréables et se transforment en lieux de fêtes les soirs d’été.  

Le port de ByblosOn trouve aussi des complexes nautiques au nord de Beyrouth, à Kaslik et surtout Jounieh, désormais de véritables petites villes dédiées au shopping et aux loisirs, avec leurs nombreuses boites et restaurants. Des petites criques de sable blanc se nichent aussi à Byblos. Une précision tout de même, ne cherchez pas les chameaux et les palmiers: le Liban n'est pas la Tunisie…

Au pays des (rares) Cèdres, les amateurs de vieilles pierres s'en donnent à cœur joie. Le patrimoine archéologique est en effet exceptionnel, même si l'on regrette parfois leur insuffisante mise en valeur. Baalbek, dans la plaine fertile de la Bekaa, abrite un site romain impressionnant. Imaginez l'émotion suscitée par la présence des plus grands artistes au monde, au milieu des ruines superbes, pendant le festival de Baalbek.

Superbe aussi le festival de Beiteddine, au cœur de la montagne du Chouf, dans le palais de l'émir Béchir II, petit bijou d'architecture orientale du début du XIXème siècle.

Grotte aux pigeons Le Liban recèle d'autres trésors architecturaux. Au nord de Beyrouth, Byblos ne se contente pas d’accueillir aussi un important festival : cette cité, l’une des plus anciennes au monde, abrite un joli port et un site archéologique rassemblant des ruines romaines et un château construit par les Croisés.

En remontant une côte frangée par une bande montagneuse, on arrive à Tripoli, surtout connu pour son port, son souk et son grand fort Saint-Gilles surplombant la ville. Plusieurs routes – l’une d’elles passant par les impressionnantes grottes de Jeïta – mènent jusqu’aux stations de ski de Faraya, des Cèdres et de Laklouk.

Il ne faut pas plus d’une heure pour rejoindre les pistes depuis Beyrouth. A certaines périodes de l'année, les moins frileux peuvent même skier le matin et se baigner l'après-midi!

Temple de Jupiter à Baalbeck Pour être (à peu près) complet sur le Liban, il faudrait encore parler de Saïda (Sidon) célèbre pour sa forteresse Croisée baptisée "Château de la Mer", ou encore de Tyr (Sour) dont les splendides ruines romaines sont classées au patrimoine mondial de l'Unesco.

Avec un tel potentiel touristique le Liban doit surtout regretter de devoir composer sans cesse avec des voisins envahissants. Il reste compliqué et onéreux aujourd’hui de passer les frontières. On se réconfortera en profitant de l’incroyable richesse d’un pays grand comme deux départements français.

© oopartir 2008 - Texte : Michel Belenet ; photos : OT Liban et Michel Belenet

JouniehLes infos pratiques
. Visas : Obtention du visa à l'Aéroport de Beyrouth pour les séjours touristiques ou au Consulat du Liban + Passeport valide 6 mois après la date du retour..
. Santé : Aucun vaccin n'est obligatoire.
. Monnaie : la livre libanaise
. Indicatif téléphonique: 961
. Electricité : 220 v (fiches européennes)
. Le site de l’office du tourisme libanais

On aime
La métamorphose de Beyrouth se poursuit grâce aux coups de crayons de grands architectes : on peut citer en exemple les jardins du centre-ville confiés à Jean-Michel Wilmotte (déjà aménageur du musée national de Beyrouth et du musée Sursock) ou encore un important complexe sur le front de mer dessiné par Ricardo Bofill.

On aime moins

Au Liban, l'hôtellerie haut de gamme est d'un haut niveau et les hôtels de catégorie moyenne... très moyen. Résultat, de nombreux hôtels cinq étoiles de Beyrouth et de ses environs, en bord de mer et dans la montagne, affichent complets les mois d’été.

Notre sélection de sites utiles
Vous pouvez consulter le site officiel du tourisme libanais, le portail www.libanvision.com, le site du quotidien L'Orient Le Jour. Pour en savoir davantage sur les festivals de l'été, à savoir ceux de Baalbek, de Beiteddine et de Byblos, consulter notamment le site www.whatsuplebanon.com.

BeittedineComment s'y rendre
Pour vous rendre à Beyrouth, vous pouvez opter pour les vols directs de la Middle East Airlines et de Air France (les deux compagnies opèrent ensemble en partage de code). Vous pouvez aussi voler - souvent à moindre prix - sur d'autres compagnies (KLM, Austrian, Olympic Airways, Lufthansa, etc): le prix est souvent moins cher mais il vous faut alors obligatoirement prévoir une escale plus ou moins longue dans une capitale européenne.

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