Reportage de voyage

    

Dubaï, utopie touristique aux portes du désert

Dubaï s'est imposé en quelques années comme une destination touristique de premier plan. L'Emirat gravement touché par la crise a toutefois revu ses projets hôteliers ambitieux.

L'hôtel L'hôtel "7 étoiles" Burj al Arab

Le temps n'est pas loin - tout au plus une cinquantaine d'années! - où Dubaï n'était qu'un petit port de pêche. Aujourd'hui, seuls le chargement et le déchargement des boutres (dhows) dans la crique de Dubaï évoque des siècles de tradition marchande.

L'émirat, l'un des sept de la fédération des Emirats arabes unis, est devenu un territoire de près d’un million d’habitants (dont près de 80% d'expatriés). Le centre d'affaires se double aujourd'hui d'un lieu de vacances privilégié. A la différence de ses proches voisins, Dubaï ne peut en effet s'appuyer sur des ressources pétrolières. Et les trois pôles sur lesquels il mise depuis des années, la finance, l'immobilier et le tourisme, sont mis à mal par la crise économique.

Musée de Dubai Musée de Dubai

Dubaï est connu pour son absence notable de sites historiques ou archéologiques. Reste son vieux quartier de Bastakia, son souk aux tissus et son souk d'or. Le musée de Dubaï, dans les sous-sols d’un fort en centre ville, mérite aussi la visite, avec la reproduction dans des décors fidèles des conditions de vie et de travail des habitants de l’émirat depuis plusieurs siècles.

Dubai joue donc en priorité la carte du tourisme balnéaire, exploitant ses kilomètres de plages de sable fin, une mer bleue qui ne descend jamais en dessous des vingt degrés, le soleil garanti toute l'année.

Son offre s'est structurée autour des sports nautiques, parcours de golf, excursions à dos de chameaux dans des grandes dunes où l'on peut aussi pratiquer la conduite en 4X4 et même faire le ski.

S'ajoutent à cela un faible décalage horaire (2 heures), l'absence d'insécurité et une ambiance cosmopolite et tolérante, ce qui n'est pas toujours le cas dans cette région du monde.

Un raz-de-marée hôtelier a donc déferlé sur la presqu'île en quelques années. Comme à Las Vegas, les promoteurs ont choisi de construire des hôtels toujours plus grand et toujours plus spectaculaire, privilégiant une architecture moderne souvent audacieuse.

 

L'île compte aujourd'hui plus de 350 hôtels - dont un gros pourcentage d'établissements de luxe - situés pour la plupart soit en centre-ville, soit à Jumeirah, banlieue chic située à 20 minutes de route du centre de Dubaï.

Jumeirah est désormais associé à Burj Al-Arab, l'hôtel le plus haut du monde (321 mètres), construit sur une île artificielle. Cette merveille d'architecture et d'ingénierie, avec ses formes symbolisant une voile gonflée par le vent, comprend 202 suites de luxe en duplex de 170 mètres carrés à 780 mètres carrés.

Le Jumeirah Beach Hotel (600 chambres) lui fait face, impressionnant bâtiment en forme de vague, en face duquel a ouvert récemment le parc aquatique Wild Wadi.

La côte de Jumeirah La côte de Jumeirah

Le groupe local Jumeirah International, gestionnaire du Burj-Al-Arab et du Jumeirah Beach, a édifié juste à côté un autre complexe dans le style de l'architecture arabe traditionnelle, Madinat Jumeirah. Cette cité côtière est dotée de deux hôtels cinq étoiles de 300 chambres chacun, en plus d'un complexe de villas comptant 340 chambres et suites. Un spa Six Senses a été implanté dans le Madinat Jumeirah.

Non loin de là, le One & Only Royal Mirage s’est inspiré d'une forteresse arabe, dans un décor des mille et une nuits. Parmi les hôtels hors normes, on peut citer l'hôtel Al Maha Resort, établissement de très haut standing (hors classification hôtelière, comme le Burj al Arab) avec ses trente suites luxueuses et sa réserve privée, ce qui lui permet de se considérer comme le premier complexe écologique du Moyen-Orient.

Le Burj Dubai Le Burj Dubai

L'émirat s'est lancé dans d'autres projets touristiques spectaculaires. Mais la crise est passée par là. Ainsi, sur les projets d'îles artificielles en forme de palmier ou de globe terrestre, deux d'enter-eux sont en rade. Le troisième, Palm Jumeirah, n'est pas finie et s'ensable faute de courants ; les villas de l'"île palmier" n'ont pas toutes trouvées preneurs ; le projet de Trump Tower a été  suspendu en fin 2008.

A l'intérieur des terres, la crise enterre d'autres projets tels le Canal d'Arabie et le complexe Tiger Wood Resorts édifé autour d'un golf.

Dubai se doit dans le même temps de répondre à ses détracteurs, notamment ceux qui dénoncent les conséquences de ce développement à vitesse accélérée sur le plan écologique et en terme de développement durable. Le débat prendra sûrement de l'ampleur dans les années à venir.

© oopartir 2010 ; texte : Vincent de Monicault ; photos : OT Dubaï

 

Dubai paradis du shopping

Madinat Jumeirah Madinat Jumeirah
Le marché de l’or (souk al-Dahab), dans le vieux centre commercial de Dubaï, occupe dans le style traditionnel arabe des ruelles couvertes pour protéger du soleil. On y trouve quelque 250 bijouteries proposant aussi bien des modèles surchargés pour les habitants des Emirats que des modèles importés d’Italie pour les européens (les prix y sont en général 20 à 30% inférieurs à ceux pratiqués en Europe).

Dubaï est aujourd’hui le premier centre mondial de réexportation du métal jaune.Dubaï est aussi le paradis du shopping au mois de mars. Le temps fort, en la matière, demeure en effet le Dubaï Shopping Festival. Les hôteliers jouent le jeu et plus de 6.000 commerçants proposent des soldes souvent très intéressantes, dans un cadre festif où se mêlent animations de rues, feux d'artifice quotidiens, shows laser et défilés en tous genres.
Ceux qui séjournent à Jumeirah se rendront au Mall of the Emirates tout proche. Un conseil tout de même : si la réputation de duty free de Dubaï n'est plus à faire, quelque soit la période de l’année, sachez tout de même qu’un acheteur bien informé (si possible avant de partir) en vaut largement deux…

Ski sur les dunes Ski sur les dunes
De spectaculaires projets hôteliers suspendus
L'émirat s'est lancé dans d'autres projets touristiques spectaculaires. Mais la crise est passée par là. Ainsi, sur les projets d'îles artificielles en forme de palmier ou de globe terrestre, deux d'entre-eux sont en rade. Le troisième, Palm Jumeirah, n'est pas finie et s'ensable faute de courants ; les villas de l'"île palmier" n'ont pas toutes trouvées preneurs ; le projet de Trump Tower a été  suspendu en fin 2008. Quand au projet d'hôtel sous-marin Hydropolis censé être ouvert depuis des années, impossible d'en savoir plus sur le net sur la réalité de son existence. A l'intérieur des terres, la crise enterre d'autres projets tels le Canal d'Arabie et le complexe Tiger Wood Resorts édifé autour d'un golf. A noter enfin que le projet de Dubai Waterfront, immense centre d'affaires construit non loin de la frontière d'Abu Dhabi, est lui aussi gelé.

 

On aime
Avec les compagnies du golfe Emirates et Etihad, ceux qui se rendent en Asie ou en Afrique peuvent prévoir à moindre coût une agréable halte à Dubai.

On aime moins

En été, même si l’on séjourne au royaume de la climatisation, vous serez parfois confronté à une chaleur suffocante – plus de 40 degrés à l’ombre - et une humidité étouffante. Il faut donc s’adapter au rythme des pays très chauds et préférer une activité minimale entre 11 h et 16 heures.

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