Le prototype EADS Astrium
Que de changement en à peine cinquante ans, depuis ce mois d'avril 1961 où Youri Gagarine devint le premier homme de l'espace. Charles Simonyi a passé en avril 2007 quinze jours à bord de la Station spatiale internationale (ISS), devenant ainsi le cinquième touriste de l'espace après les Américains Dennis Tito (2001) et Greg Olsen (2005), le Sud-Africain Mark Shuttleworth (2002) et l'Américaine d'origine iranienne Anousheh Ansari (2006).
De nombreux observateurs annoncent aujourd'hui l'avènement imminent du tourisme spatial. Bien entendu, on ne passera pas ses vacances sur Mars avant quelques décennies, d'autant que le sol de la planète rouge ne devrait pas être foulé par des hommes avant au moins vingt ans!
Eric Anderson, patron de Spaceadventure, premier voyagiste spécialisée dans le tourisme spatial, pense toutefois que les vols subortibaux représentent le plus gros potentiel économique de l'activité spatiale. Ces vols limités à une centaine de kilomètres d'altitude (par comparaison, un avion vole à environ 10 kilomètres) permettent d'apprécier l'état d'apesanteur tout en admirant les couleurs de la terre et la noirceur de l'espace.
L'I.S.S.
Ce tour-operateur américain, basé en Virginie, a d'abord commencé par proposer un forfait d'une semaine en Russie, à la Cité de l'Espace, près de Moscou; son "package" inclut la découverte des capsules centrifugeuses, des simulateurs et des vols en apesanteur - une expérience renouvelée à plusieurs reprises et qui dure une soixantaine de secondes - à bord d'un avion de type Iliouchine 76. Space Adventure a ensuite obtenu un contrat d'exclusivité avec la RFSA russe pour envoyer des touristes dans l'espace à bord des fusées Soyouz.
Space Adventures est loin d'être aujourd'hui le seul sur ce créneau du tourisme spatial. D'après Tom Shelley, son vice-président, une quinzaine de sociétés travaillent au développement de voyages suborbitaux.
L'intérieur du prototype EADS Astrium
Virgin Galactic, le projet de Richard Branson
EADS Astrium a présenté en 2007 son prototype d'avion-fusée, soit un avion-fusée et non deux engins comme pour Virgin Atlantic. L'appareil de la filiale spatiale d'EADS devrait transporter quatre touristes et offrira une expérience très proche de celle de son concurrent britannique, soit une expérience d'une quinzaine de minutes pour un prix estimée 150 000 à 200 000 €.
Aujourd'hui, on parle même de Space Hotels et de voyages touristique vers la Lune pour 2030. Des projets probablement moins saugrenus que les visions surréalistes de l'an 2000 véhiculées tout au long du siècle dernier. Compte tenu de la fiabilité et des coûts des lanceurs spatiaux, les voyages dans l'espace resteront encore longtemps réservés à une minorité fortunée. Prix moyen d'une escapade d'une heure trente dans l'espace : 200 000 €.
Faut-il pour autant quitter à tout prix le plancher des vaches pour assouvir sa passion pour l'espace? A Cap Canaveral, on peut se promener au JF Kennedy Space Center et sur la base spatiale de la Nasa, visiter les rampes de lancement, les hangars abritant les fusées, un beau musée rassemblant le matériel utilisé par les astronautes.