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22 novembre 2014

Les voyagistes français rassurent sur le Maroc (Vidéo)

Les tour-opérateurs français réunis au sein du SETO l'affirment : on peut se rendre au Maroc sans aucune inquiétude

22 novembre 2014

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Le tour du monde en stop

Ludovic Hubler a réalisé un rêve fou, parcourir le monde pendant cinq années, uniquement en stop.

Ludovic Hubler se lance début 2003 dans un tour du monde en stop. Il traversera une soixantaine de pays pendant ce voyage de cinq ans,  utilisant le stop sous toutes ses formes, de l'auto-stop au voilier-stop, et jusqu'au «brise-glace-stop» pour se rendre en Antarctique.


Comment est née l'idée d'un tel voyage ?


Ludovic Hubler : C'est l'aboutissement d'un rêve d'enfant. Tout petit je regardais les cartes du monde et j'avais la tête dans les atlas. J'ai commencé à faire du stop très tôt, dès l'âge de 16 ans, pour partir à la découverte de la France et de l'Europe. J'ai tout de suite aimé ce moyen de transport qui permet de rencontrer des gens très différents. A 24 ans, mon master de l'école de commerce de Strasbourg en poche, j'étais prêt pour passer mon «doctorat de la route».

Bateau-stop à Las Palmas

Un mot sur l'aspect pratique du voyage...

L.H : J'avais prévu un sac pour huit jours, avec une sélection drastique des objets emportés, sans oublier les cartes. Ce périple de cinq ans m'a coûté environ 25 000€, soit un budget de 10€ par jour, le transport ayant compté pour rien et l'hébergement pour très peu.

Et pour les visas...

L.H :  Quand j'arrivais dans un pays je demandais le visa pour le pays suivant. C'était en général assez rapide, il fallait compter quatre à cinq jours. Par contre j'ai connu des vrais difficultés pour obtenir le visa pakistanais en Inde. Mais globalement le fait d'être Français a beaucoup aidé.

Quelle était votre méthode éprouvée pour être pris en stop ?

L.H : Le plus souvent, je me rendais dans les stations services, je bavardais un peu avec les gens, leur racontais mon parcours et leur montrais mon classeur de photos et mon «document magique», un court récit de mon aventure et la destination où je souhaitais me rendre écrits dans la langue locale.

Vous avez hésité entre plusieurs itinéraires possibles? 

L.H : L'itinéraire s'est imposé de lui-même. Pour traverser les océans, il me fallait faire du bateau-stop. Et l'immense majorité des voiliers traversent l'Atlantique d'est en ouest. J'ai donc rejoint le Maroc depuis l'Espagne, puis mis le cap sur le Sénégal.

Au Népal

Je suis resté notamment cinq jours dans une même voiture pour traverser un tronçon du Sahara. De Dakar, j'ai du patienter six semaines pour trouver un voilier qui m'emmène aux Canaries puis un autre jusqu'au Cap Vert puis un autre encore jusqu'au Brésil.

Une fois au sud de l'Argentine, à Ushuaia, j'ai décidé d'aller en Antarctique et il m'a fallu, là encore, six semaines pour trouver un brise-glace. Ensuite je suis remonté jusqu'en Equateur où j'ai rencontré un professeur d'école qui m'a invité à partager mon expérience avec ses élèves.

Fin de la route, début du désert de Gobi en
Mongolie et... 20h d'attente avant l'arrivée
de la première voiture. L'auto-stop,
école de patience

C'est ce qui m'a incité à multiplier ensuite les expériences dans d'autres écoles dans le monde. Et c'est ce qui m'a décidé à passer une année aux Etats-Unis.

J'y ai donné des conférences dans trente-six Etats américains, dans des écoles, universités, alliances françaises, rotarys etc... Ce qui m'a permis au passage de gagner un peu d'argent.

Comment avez-vous traversé le Pacifique?

Faute de trouver un voilier aux Etats-Unis, je suis redescendu au Panama où le propriétaire d'un voilier a accepté de m'embarquer. Le voyage jusqu'en Nouvelle-Zélande a duré quatre mois. Je suis allé ensuite en Australie.

Partage de l'aventure dans une école
en Afghanistan

De là j'ai eu encore des difficultés à trouver un bateau à Darwin, d'où j'ai finalement pu rejoindre une île indonésienne pour me retrouver là encore bloqué trois semaines...

En Asie, le choix de certains pays n'étaient pas banal ?

L.H : En effet je suis passé en Corée du Nord. Et la traversée du Tibet était aussi une expérience particulière. Et en Afghanistan, Pakistan et Iran, j'ai beaucoup apprécié la qualité de l'accueil. J'étais tous les jours invité à manger et dormir.

Discussion avec un policier chinois

Certains pays doivent être plus ou moins faciles pour faire du stop?

L.H : Aux Etats-Unis, le stop est interdit dans beaucoup d'Etats. Et cette interdiction s'ajoute à une certaine culture de la peur et de l'individualisme.

En plus les stations service sont rarement situées aux bons endroits. Mais ailleurs ça se passe généralement bien. Le Français a une bonne image.

L'Amérique latine est facile en général, même si les chauffeurs de poids lourds ne peuvent pas prendre d'auto-stoppeurs au Brésil et en Argentine.

Tortue aux Galapagos

En Asie, la Thaïlande était aussi un pays facile. Mais en général la culture du stop sur ce continent n'existe pas, ils ont du mal à comprendre une telle démarche chez  un Occidental ayant a-priori les moyens de se payer un moyen de transport classique.

En Chine notamment c'était un peu compliqué mais les policiers venaient souvent m'aider. Le stop par contre est interdit au Tibet. L'Inde pour sa part est fatigante nerveusement, il y a toujours du monde autour de toi au bord de la route.

C'est surprenant  aussi de constater l'absence de la moindre agression pendant ces cinq ans...

L.H : C'est vrai, ma principale frayeur est venue d'un conducteur qui a sorti son arme en pensant que j'allais l'agresser...

Rencontre avec le Dalaï Lama

Parmi les innombrables rencontres il y a celle du Dalaï Lama...

L.H : Il m'a reçu dans sa demeure de Dharamsala, en Inde, ce fut en effet un grand moment. D'autres expériences humaines ont été très fortes, dans des bidonvilles au Honduras ou chez Mère Teresa à Calcutta. Et j'ai aussi rencontré ma future femme au Panama... 

Ce voyage aura clairement changé votre vie... 

L.H : Il a même modifié ma trajectoire professionnelle. Je travaille aujourd'hui pour l'organisation Peace and Sport basée à Monaco, qui vise à promouvoir la paix à travers le sport.

Cela me permet de continuer à voyager beaucoup, dans des pays qui sortent de conflits, le Timor Oriental, le Burundi, le Congo, la Côte d'Ivoire, Haïti, la Colombie et la Palestine. Et je travaille aussi sur un site internet qui aidera les voyageurs au long cours à donner des conférences dans les écoles du monde entier.

© oopartir.com 2010 - Propos recueillis par Vincent de Monicault - Photos Ludovic Hubler

 

En savoir plus
Consulter le site lemondeenstop.com et ludovichubler.com. A lire aussi le livre "Le monde en stop" (Editions Géorama). A visionner également la vidéo posté sur Youtube de l'émission de télévision "Incroyable mais vrai" sur TF1


 



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