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Nicolas Vanier : "On revient différent du Grand Nord"

Nicolas Vanier a traversé les immenses espaces blancs du Grand Nord à pied, en canoë ou en traîneau à chien. Ecrivain, il organise aussi des voyages permettant de vivre comme un trappeur canadien. Un authentique amoureux de la nature.

© Crédit photographique N.Vanier

Nicolas Nicolas Vanier a traversé les espaces blancs du Grand Nord à pied, en canoë ou en traîneau à chien. Les "pays d'en Haut" n'ont (presque) plus de secrets pour lui, de la Laponie à l'Alaska, en passant par le Nunavut, la Sibérie et la Mongolie. Sa plus célèbre expédition reste sa traversée du Grand Nord canadien en 1999, soit 8.600 kilomètres en moins de cent jours. Aujourd'hui, il entend nous faire découvrir son pays d'adoption, le Québec, où il organise des voyages permettant de vivre dans les mêmes conditions qu'un trappeur canadien. Nicolas Vanier continue aussi d'écrire et sort en janvier le premier des deux tomes d'un roman, "Ohio,le fils de la Taïga" (Editions XO Edition). Rencontre avec un authentique amoureux de la nature.


Vous êtes né en Sologne. A dix-sept ans, vous partez pour une expédition à pied dans les vastes plateaux de Laponie. D'où vous est venue cette passion pour les "pays d'en Haut"?

Nicolas Vanier: Je ne sais pas. Cette passion est en moi depuis tout petit. Quand j'avais dix ans, je lisais déjà les livres de Jack London. Et cela faisait déjà longtemps que j'étais attiré par ces espaces, par la vie sauvage.

Vous n'aviez pas trouvé votre bonheur dans votre région d'origine?

N.V: Mon amour de la nature est né en Sologne. Malheureusement, dans cette région, on marche dix minutes et on finit inévitablement par tomber sur une route. J'ai d'abord été attiré par les espaces sauvages de France, et notamment par les Pyrénées, l'un des derniers endroits où l'on pouvait trouver ce calme total. Je me suis donc naturellement tourné vers les pays du Grand Nord. Et la Laponie était alors le pays le plus accessible. A 17 ans, j'ai pris un train à la gare du Nord, pour la station la plus au nord du Continent, au cercle polaire. J'ai alors vraiment trouvé ce que je cherchais. Ma passion et mon émerveillement étaient forts à l'époque. Ils le sont toujours autant aujourd'hui.

Vous qui avez visité toutes ces contrées du Grand Nord, vous les trouvez très différentes?

N.V: Bien sûr, dès qu'on quitte les villes, ces contrées se ressemblent assez. La neige est partout aussi blanche, le froid toujours aussi vif et saisissant. En revanche, on perçoit une réelle diversité parmi les populations locales et les animaux qui habitent ces contrées.

Pourquoi avoir choisi de vivre au Canada?

Nicolas Vanier: Je n'avais pas vraiment de préférence pour tel ou tel pays. A un moment, il a bien fallu que je me pose quelque part. Il était naturellement plus facile de s'installer au Québec qu'en Sibérie. Aujourd'hui je passe la moitié de ma vie au Québec, j'y ai mes chiens, un terrain et une maison. Il est plus simple pour moi d'aller passer le week-end au Québec que de faire du ski dans les Alpes. Je pars à 11 heures de Paris, et avec le décalage horaire je suis avec mes chiens à 14 heures. Faut-il le préciser: les Québécois sont des gens charmants. Et ils parlent le français…

Comment votre famille vit-elle votre passion au quotidien?

Nicolas Vanier: Je passe pas mal de temps en famille. Bien sûr, on sait ce qu'il en est d'une femme de marin. La mienne m'a toujours connu comme cela. Quatre mois après notre rencontre, je suis parti un an et demi en Sibérie. Ma famille s'est aussi habituée à la vie au Québec. On se fait tout un monde du froid. Ma petite fille, quand elle avait un an et demi, jouait parfois des après-midi entières par - 40°.

Parlez-nous de vos chiens…

Nicolas Vanier: Avec mon complice d'expédition Alain Brénichot présent toute l'année sur place, nous avons à nous deux près de 60 chiens. Ce nombre important est lié en partie à notre activité touristique. On s'est vite rendu compte que notre structure n'était pas viable avec 20 ou 30 personnes par hiver. Nous avons donc augmenté notre capacité d'accueil. Par ailleurs, certains de mes chiens ne sont pas utilisés à des fins touristiques: ce sont ceux avec lesquels je m'entraîne et participe à des courses. Il s'agit de mon vieil attelage, mais aussi de seize jeunes chiens, tous d'une race unique, résultat d'un croisement entre des chiens de Sibérie et du Groenland.

Vous vendez parfois des chiens?

Nicolas Vanier: Depuis L'Odyssée blanche, on m'a souvent sollicité pour cela. Je n'ai jamais vendu - ni donné - un seul de mes chiens. Je vends des livres, c'est déjà pas mal.


Maintenant vous vendez aussi du rêve à travers les voyages…

Nicolas Vanier: Nous accueillons maintenant pas mal de gens dans notre camp des écorces situé au nord du lac Saint Jean, au Québec. On y propose de l'initiation au traîneau à chien. Cela fait quatre ans que je commercialise ces voyages par l'intermédiaire de l'agence parisienne DHD. Nous organisons des circuits pour des petits groupes de 4 personnes. Visiblement, cela plait. Beaucoup de nos clients reviennent d'une année sur l'autre. Il y a une réalité que je ne mesurais pas au début de cette activité, c'est le bonheur de constater que les gens repartent "différents", de les voir parfois pleurer lorsqu'ils repartent chez eux, de recevoir des témoignages de sympathie.

Cette activité est très saisonnière…

Nicolas Vanier: Les circuits en traîneau à chien sont programmés quatre mois en hiver, du 25 décembre à fin mars. L'été, nous proposons du tourisme nature, des voyages en canoë et à cheval.

Les pays d'origine de vos clients traduisent-ils votre notoriété hors des frontières françaises?

Nicolas Vanier: Pas vraiment. La plupart de nos clients sont français, même si l'on accueille aussi des Suisses et des Allemands. Je pense toutefois que notre capacité restera toujours réduite et que la France suffira à la satisfaire. L'équipe sur place ne travaille pas pour l'argent. Son objectif, c'est de nourrir les chiens et de vivre correctement. Comme nous ne souhaitons pas dépasser un certain seuil, on arrivera très vite à saturation. On peut estimer le nombre de voyageurs maximum à trois groupes de quatre personnes à la fois. Par ailleurs, nous n'effectuons pas une sélection par le prix.

Estimez-vous le Grand Nord menacé par la civilisation?

Nicolas Vanier: Je l'estime plutôt menacé par la dé-civilisation. L'homme y est la seule espèce en voie de disparition. C'est très désolant de voir tous ces villages et ces cabanes en ruine. Les trappeurs ne peuvent plus vivre de leur travail. Le tourisme est une chance car il peut servir à maintenir des populations sur place.

© oopartir 2010 - Propos recueillis par VM - photos Nicolas Vanier


En savoir plus
Pour en savoir plus sur Nicolas Vanier, vous pouvez consulter son site officiel www.nicolasvanier.com

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