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Maurice Herzog : "L'aventure c'est aussi se surpasser"

Maurice Herzog, dans un entretien accordé à oopartir.com,  témoignait alors de son intérêt toujours vif pour  l'alpinisme et la nature dans sa forme la plus extrême

Il y a plus de cinquante ans, le 3 juin 1950 exactement, une équipe dirigée par Maurice Herzog partait à la conquête de l'Annapurna. Pour la première fois au monde, un "plus de 8.000 mètres" allait être vaincu. Maurice Herzog et Louis Lachenal feront flotter le drapeau français sur ce sommet au prix d'efforts et de douleurs énormes.

Cette victoire allait être suivie par la conquête des treize autres sommets de plus de 8.000 mètres, dont l'Everest en mai 1953. Maurice Herzog sera ensuite élu député puis nommé secrétaire d'Etat à la jeunesse et aux sports. Il ne cessera jamais de s'intéresser à la nature dans sa forme la plus extrême. On lui doit aussi plusieurs ouvrages, notamment Annapurna, premier 8000 (1951) et l'Autre Annapurna (1998). Rencontre avec une figure historique ayant marqué un tournant dans l'histoire de l'alpinisme.



Quelle est votre conception de l'aventure?

Maurice Herzog: L'aventure, c'est à la fois partir à la découverte de l'inconnu et se surpasser soi-même.

Faut-il un environnement extrême pour se surpasser?

Maurice Herzog: On ne peut se surpasser que dans un cadre difficile ou austère. Cela passe par le contact avec la nature, que ce soit en montagne ou dans le désert.

La conquête de l'Annapurna a-t-elle justifié une importante préparation?

Maurice Herzog: L'équipe était très bien préparée, ce qui n'était pas tout à fait mon cas. Pendant les quatre ou cinq mois précédant le départ, j'étais totalement voué à la préparation de l'expédition. Il nous a tout de même fallu emmener six tonnes et demie de matériel. Pendant cette période, je n'ai même pas pu aller une fois en montagne.

Si cette expédition était à refaire aujourd'hui, pensez-vous qu'elle serait organisée de la même manière?

Maurice Herzog: Pas du tout. Aujourd'hui, on privilégie ce qu'on appelle le style alpin. On partirait en cordée avec tout le matériel. La logistique est différente. A l'époque, on ne trouvait pas de vivres sur place. Le Népal était un pays très pauvre. Il n'avait rien à nous procurer. Il fallait tout emporter.

Aujourd'hui, pour attirer des sponsors, il faut médiatiser l'événement. Etait-ce déjà un peu le cas à l'époque?

Maurice Herzog: Non. Il n'y avait alors ni médiatisation ni sponsors. La médiatisation s'est faite à notre retour, toute seule, je ne m'en suis pas occupé. Les mœurs ont depuis évolués. Il y a un nombre croissant d'expéditions, en style alpin, sans sherpas ou avec quelques rares porteurs. Pour financer ces voyages, il faut trouver des sponsors. C'est normal. En revanche, je déteste l'idée d'une commercialisation à outrance. On voit ainsi des gens payer un prix considérable pour aller au sommet de l'Everest. Rappelez-vous ce qui s'est passé il y a quelques années, il y a eu des morts. Or ces gens avaient payé 400 ou 500.000 F. On leur garantissait en échange le sommet de l'Everest. Cela a été un drame affreux.

Quel regard portez-vous sur les aventuriers des temps modernes?

Maurice Herzog: J'ai beaucoup d'admiration pour eux. Ce qu'a fait Bertrand Piccard par exemple (tour du monde en ballon sans escale, lire aussi notre interview, ndr) est formidable. C'est peut-être l'une des dernières grandes aventures terrestres.


Y a-t-il encore de grands défis à réaliser?

Maurice Herzog: Il y a en a encore beaucoup. En revanche, le cadre doit changer. La découverte de la Terre est maintenant presque complète, que ce soit en altitude ou au ras du sol, dans les fonds sous-marins ou les fonds souterrains. L'espace représente depuis déjà quelques années un cadre où l'on peut retrouver l'aventure.

La prochaine conquête sera donc spatiale…

Maurice Herzog: Je le pense. Si j'étais jeune aujourd'hui, j'aurais envie de me lancer dans la conquête spatiale. Bien sûr, les futurs exploits ne seront pas à la portée de tout un chacun. Il faudra sûrement beaucoup travailler pour mériter un voyage dans l'espace. L'aventure a toujours nécessité une importante préparation intellectuelle, physique, morale.

Vous croyez aussi au tourisme spatial par exemple?

Maurice Herzog: Pas vraiment. Je n'aime pas beaucoup voir ces types payer des sommes énormes pour partir dans l'espace.

Comment expliquez-vous le succès des voyages dans le désert? Faut-il un cadre isolé pour apprendre à mieux se connaître?

Maurice Herzog: Le désert a l'avantage de ne pas demander de technique particulière. Il constitue ainsi un cadre privilégié pour l'aventure spirituelle. Le Père de Foucault ou Saint Antoine, dans le passé, avaient déjà magnifié le désert.

D'après vous, l'alpiniste ressent-il des impressions assez proches de celles du trekkeur?

Maurice Herzog: Je ne pense pas. Les trekkeurs partent à la découverte de chemins déjà connus. Lorsqu'ils s'en éloignent, c'est d'ailleurs souvent au péril de leurs vies, car ils n'ont pas la formation ni l'entraînement pour faire de la haute montagne. L'alpinisme, par contre, invite à l'innovation et à l'invention. Dans les deux cas de figure néanmoins, on se retranche du monde. Cet univers isolé favorise là encore la spiritualité. J'ai beaucoup de camarades alpinistes qui ne s'étendent pas beaucoup sur cette question, souvent par pudeur. Or, eux aussi soulignent parfois la dimension spirituelle de leurs démarches.

© oopartir.com - 2010 - Vincent de Monicault


Plus d'infos
Pour en savoir plus sur l'expédition de l'Annapurna, vous pouvez consulter le site de la Fédération nationale de la Montagne et de l'Escalade.

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