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Claude Villers "J'aime les grandes traversées"

Pour ce grand journaliste de radio, amoureux des traversées maritimes, les ponts des paquebots sont d'abord de merveilleux postes d'observation.

Claude Villers fut journaliste, auteur, présentateur radio et de télévision, producteur de l'émission de France Inter Je vous écris du plus lointain de mes rêves. Une voix (re)connue et inimitable du paysage radiophonique français. Pour cet amoureux des grandes traversées maritimes, les ponts des paquebots sont d'abord de merveilleux postes d'observation. Interview d'un conteur de talent.

Vous avez deux modes de transport préférés, le train et le bateau…

Claude Villers: En effet, je préfère largement le train et le bateau. Vous pouvez circuler sans difficultés. Pour moi, l'avion n'est pas très romantique. C'est même une vraie contrainte. Vous êtes coincé sur votre siège. Vous n'avez comme seule vue que les nuages par les hublots. Vous êtes condamné à regarder de mauvais films sur votre écran vidéo. Votre repas n'est pas terrible. Je déplore d'ailleurs le fait que le train ressemble de plus en plus à l'avion. On trouve de moins en moins de compartiments. On supprime les vrais wagons restaurants.

Vous avez écrit des livres sur le Normandie et le France. Quels sont les différences majeures entre la croisière d'aujourd'hui et celle d'hier?

Claude Villers: Autrefois les paquebots effectuaient essentiellement des traversées, entre tel et tel point et sans escales. Bien sûr les grandes croisières existaient déjà - le concept remonte à la fin du XIXème siècle - mais essentiellement en basse saison afin de rentabiliser ces "liners". Ce que j'aime, ce sont les traversées. C'est peut-être mon métier qui veut cela, mais je suis avant tout un observateur. Or, il n'y a rien de plus agréable que d'être assis sur une chaise longue, sur le pont d'un navire, et de regarder à la fois la mer et les gens qui s'agitent autour de vous. Tout cela invite à l'imagination. Il se crée aussi une vie sociale à bord d'un bateau. L'avion, lui, condamne plutôt à la solitude.

Queen Mary à New York en 1945

Peut-être associez-vous aussi la navigation à la lenteur?

Claude Villers: Je suis en effet un promoteur de la lenteur, mais pas seulement en voyage. Ainsi, je milite par exemple pour les "slow-food". Quand j'étais correspondant aux Etats-Unis dans les années soixante, on prenait le bateau pour aller du Havre à New York. Le voyage commençait à Paris. Des grooms de la Transat vous attendaient déjà au départ des trains spéciaux à la gare Saint-Lazare. Vous aviez ensuite le temps de faire un très bon déjeuner dans le wagon restaurant. Les trains se rangeaient au pied du bateau. Là, vous retrouviez vos bagages dans votre cabine. Je n'étais alors qu'un jeune journaliste et je voyageais pourtant en classe tourisme. Lorsque nous partions voir la famille de ma femme à Nashville, nous prenions un premier train de New York à Chicago puis un autre jusqu'à destination. Nous arrivions huit jours après être parti de Paris! Il faut prendre son temps en voyage. C'est d'ailleurs pareil en amour.


En parlant d'amour, vous avez co-écrit avec Christian Clères un livre Amours... Histoires simples (Le Pré aux clercs) qui raconte huit amours de vacances à travers le siècle. L'amour et l'amitié sont souvent associé à la croisière…

Claude Villers: Les bateaux sont des lieux de rencontre, comme le train. Les sentiments naissants dépendent aussi de l'atmosphère et de l'ambiance. Il faut également tenir compte du plus grand confort des bateaux. On a l'impression d'être à l'hôtel. Attention, je ne parle pas d'hôtel de passe, même si autrefois des "courtisanes" exploitaient leurs charmes pour gagner de l'argent, sur ces paquebots comme sur les grands trains.

Qu'est ce qui vous a poussé à écrire sur le France et le Normandie?

Claude Villers: Quand j'étais en poste à New York, on allait parfois se promener dans ce grand port. Nous pouvions y admirer de nombreux paquebots de tous pays. Ma femme ne supportant pas l'avion, nous avons commencé à prendre de plus en plus souvent le bateau. On était logé et nourri et cela coûtait à l'époque moins cher que l'avion. Récemment encore, je suis allé à New York sur le Norway (ex-France) avec ma nouvelle épouse. Ceux qui entrent en bateau dans le port de New York peuvent tous en témoigner: cela n'a rien à voir avec une arrivée en avion.

le Queen Mary 2

Vous avez une préférence pour un paquebot?

Claude Villers: J'aime surtout les paquebots classiques. Avec le côté barre HLM des nouvelles unités modernes, le bateau n'a plus de forme. De plus, ces "carrés de sucre" flottants évitent les mers difficiles. Les "liners", eux, effectuaient l'aller-retour toute l'année. Pour traverser l'Atlantique Nord en février, dans le sens Europe-Etats-Unis, lorsqu'on a les vents contraires, il faut s'accrocher solidement à la rampe. La Méditerranée n'est peut-être pas une mer facile en hiver, mais vous pouviez au moins vous réfugier facilement dans un port. C'est impossible lorsque vous voguez au sud du Groenland.

Les mers agitées ou démontées ne vous font pas peur...

Claude Villers: J'aime les mers agitées. Malheureusement, les gros bateaux bougent de moins en moins. Je me rappelle d'une croisière sur le Franconia, un paquebot de la Cunard, aux Bermudes. Nous avons été pris dans une tempête incroyable. On affrontait des murs de vague. Tout le monde peut avoir le mal de mer. Ce jour-là j'ai été épargné. A déjeuner, sur les 700 passagers, nous étions sept à table… Dans la salle de cinéma, j'étais seul à voir le film. Le projectionniste n'a pas non plus demandé son reste. Pour son voyage inaugural le France a du affronter aussi une tempête énorme. On a pu ainsi éviter les susceptibilités des nombreuses personnalités se battant pour être présentes à la table du commandant!

feu le Mermoz

On parle de standardisation de l'offre des compagnies de croisières. Dans le même temps, on voit parfois des paquebots naviguer dans des eaux peu fréquentées, de l'Orénoque à la côte est de Madagascar…

Claude Villers: Il existe en effet des voyages extraordinaires. Le problème c'est que les voyages les moins standardisés sont généralement les plus chers. Prenez un port d'escale qui n'est pas équipé pour accueillir les paquebots, il faut par exemple assurer les transferts à terre par le biais de petites navettes. Pour ce faire, il faut du personnel. Or, celui-ci coûte cher, comme vous le diront tous les grands capitalistes.

Quel est votre plus beau souvenir en mer?

Claude Villers: Je garde un souvenir ému d'une traversée à bord du Mermoz, à la fin de son service régulier en 1971. Nous avions pris le train de New York à Fort Lauderdale, puis avions embarqué à bord de ce navire aujourd'hui mythique. Le paquebot faisait alors des escales en Guadeloupe, Martinique et Guyane pour y ramener en métropole les agents de l'Etat.

Le Queen Mary II a marqué le grand retour des "liners"?

Claude Villers: Les beaux jours reviennent!!


© oopartir 2008 - Propos recueillis par VM

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