Canaries |
| Pays | |
| Capitale | Las Palmas de Gran Canaria Santa Cruz de Tenerife |
| Superficie - total - % de l'Espagne | 13e rang 7 447 km² 1,5 % |
| Population - Totale (2004) - % de l'Espagne - Densité | 8er rang 1 915 540 hab 4,4 % 257,2 hab./km² |
| Gentilé - Français - Espagnole | Canarien(e) canario/a |
| Statut d'autonomie | 16 août 1982 |
| ISO 3166-2:ES | ES-CN |
| Sièges au Parlement | 15 congressistes 13 sénateurs |
| Président | Adán Martín Menis |
| Localisation | |
|---|---|
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Histoire
Les îles Canaries sont probablement connues depuis l'antiquité sous le nom d'« îles Fortunées ». Elles ne seront redécouvertes par les Européens qu'au XIIe siècle.
Les îles Canaries étaient connues des Phéniciens et des Carthaginois. Cependant, dans les écrits phéniciens, pas un mot ne fait allusion au mode de vie des aborigènes dans les îles Canaries, si ce n'est pour décrire les atrocités perpétrées par les explorateurs sur les Guanches (les premiers habitants des îles).
Il est pour le moment impossible de déterminer avec certitude quand et par qui furent découverts les Canariens. Certains disent les Arabes, d'autres les Portugais, d'autres encore les Génois… Il paraît qu'en 1335 débarquèrent à Lisbonne deux bateaux contenant quatre prisonniers guanches. Ces bateaux étaient affrétés par le roi du Portugal avec un équipage florentin, génois et espagnol. Ces bateaux auraient atteint les îles en juillet de l'année 1341 sous le commandement du Génois Niccoloso da Recco et du Florentin Angiolino del Teggihia de Corbizzi. Ils y restèrent 5 mois et, à leur retour à Lisbonne, ils apportèrent tant de choses intéressantes que Boccaccio en personne prit sa plume pour écrire un portrait des Guanches en se fondant sur les données apportées par Recco.
Selon ce que rapporte Boccaccio, les îles Canaries "sont des terres rocailleuses sans aucun type de cultures agricoles, mais riches en chèvres et autres animaux et remplies d'hommes et de femmes dénudés s'apparentant à des sauvages. Certains de ces hommes semblent avoir du pouvoir sur les autres et s'habillent de peaux de chèvres teintes à l'aide de safran et de colorants rouges. Ces peaux ont l'air fines et sont cousues avec soin grâce à des fils faits en tripes d'animaux. […] Leur language est très doux, et leur façon de parler très vive et rapide rappelle l'italien".
Boccaccio posa le problème qui intrigue toujours ceux qui étudient les Guanches, c'est-à-dire comment est-il possible que dans les îles Canaries coexistent aux côtés de troglodytes, des gens de cultures supérieures qui ont des maisons avec potagers remplis de légumes ? Ces Guanches plus civilisés des îles orientales vivaient aussi dénudés ou presque. En revanche, ils cultivaient le blé et vivaient dans des villes. Ils avaient des rois, des prêtres et une noblesse, ils adoraient une divinité féminine et embaumaient leurs morts. Les deux groupes, les troglodytes et les agriculteurs civilisés, étaient blonds aux yeux bleus et très grands, comme des individus de type germanique.
Dans les années qui suivirent, les îles furent le lieu de prédilection pour les chasseurs d'esclaves de tous les horizons qui capturaient les grands blonds afin de les revendre aux seigneurs d'Afrique du Nord. Et ceci jusqu'en 1402 et l'arrivée du conquérant normand Jean de Béthencourt, accompagné d'émigrants français. Béthencourt, qui avait pour but la christianisation des îles, parvint à s'établir à Lanzarote, puis à Fuerteventura et à El Hierro. Il fut reconnu roi des Canaries par Henri III de Castille, mais ne mit jamais un pied sur les autres îles, beaucoup plus peuplées et dont les habitants étaient de farouches guerriers.
Pendant des dizaines d'années, Portugais et Espagnols se disputèrent la possession des terres. L'archipel, étape importante sur les routes maritimes conduisant vers l'Afrique australe, l'Asie et l'Amérique, fut finalement attribué à l'Espagne en 1479 par le traité d'Alcaçovas. La conquête des dernières îles ne se fit qu'en 1491 (La Palma) et 1496 (Tenerife). Massacrés, emmenés en esclavage ou assimilés par les colons, les différents peuples Guanches disparurent, ainsi que leurs langues et leur culture. Christophe Colomb y vécut et y fit escale pendant son voyage de découverte de l'Amérique.