Reportage de voyage

    

Nord de la Thaïlande, entre temples et minorités

Chiang Maï est le point de départ de nombreux treks dans la région, à la découverte des tribus des montagnes.

Chiang Mai Wat Chedi Louang, Chiang Mai
Chiang Maï est la porte d'entrée de la Thaïlande du Nord. Nichée au cœur des premiers contreforts montagneux de l'ancien royaume de Siam, la Rose du Nord est beaucoup moins peuplée et polluée que Bangkok. Les stigmates de la modernité l'ont totalement épargnés dans son centre historique cerné par des douves.

Même dans le quartier plus moderne de Chang Klan Road, à l'est, entre les douves et la rivière Ping, garde une atmosphère d'agréable provinciale où il fait bon flaner, entre son marché de nuit et ses ruelles vivantes.

Dans une tribu Karen Dans une tribu Karen
Agréable à découvrir à pied ou en vélo, le centre historique de Chiang Maï semble en revanche assoupie le jour comme la nuit. On ne plaindra pas d'y visiter souvent seul ses magnifiques temples, notamment le Wat Phra Singh où l'on admire les superbes décorations de ses édifices, et le Wat Chedi Louang où s'impose la masse grise de son vaste chedi  édifié en 1391.

Scène de pêche Scène de pêche
Chiang Maï est le point de départ de nombreux treks dans une région verdoyante, à la découverte des tribus des montagnes.

En saison sèche (novembre à mai), meilleure période de l'année pour éviter boue et sangsues, les nombreuses agences spécialisées attendent de pied ferme aussi bien les touristes en goguette que les trekkeurs expérimentés. Bien sûr, plus on s'éloigne de Chiang Maï et plus l'authenticité des tribus est réelle.

Pour rejoindre Chiang Raï, plus au nord, deux escales s'imposent, l'une aux temples de Lampang Louang, l'autre dans l'école des éléphants de Thung Kwian (Young Elephant Training Center). Les éléphants y suivent en effet un long apprentissage (six ans!) avant d'aller travailler dans les forêts de teck de la région, très belles mais gravement menacées en raison d'une déforestation massive.

Chiang Raï est située au sud du fameux Triangle d'Or, au carrefour des frontières de la Birmanie et du Laos. Si la ville présente peu d'intérêt, les tribus montagnardes alentours constituent la vraie richesse d'une région longtemps connue pour la culture du pavot.

Femme padaung Femme padaung
Les villages les plus nombreux sont situés au nord de Chiang Raï, entre la rivière Kok - que les visiteurs descendent en pirogue - et le Mékong. Les origines de ces peuples sont multiples: les Akhas sont venus de Birmanie, les Hmongs de Chine.

Les Lahus et les Lisus sont de souche tibéto-birmane. On trouve même des chinois du Kuo-Ming Tang ayant fui la Chine à l'arrivée des communistes.

Plus à l'ouest, à la frontière birmane, la ville de Mae Hong Son est peuplée par les Shans et par d'autres ethnies. La grande attraction de la province de Maen Hong Son fut longtemps la visite des Padaung (ou padongs).

Phimai Phimai

Cette tribu, appartenant au groupe des Karens et ayant immigré de Birmanie depuis seulement quelques décennies, est en effet connue pour ses femmes portant autour du cou des anneaux en laiton, les femmes-girafes.

La plupart d'entre-elles ne perpétuent plus cette tradition, préférant poursuivre leurs études, certaines devenant guides touristiques. Les villages - notamment le principal d'entre-eux, Ban Nai Soi - doivent ainsi trouver des revenus additionnels aux droits d'entrée et à la vente de souvenirs, en forte baisse. Pour les voyagistes, la poule aux oeufs d'or a perdu ses plumes dans l'affaire... 

© oopartir 2009 - Texte et photos : Vincent de Monicault



On aime
Il ne faut pas nier l'impact positif du tourisme. Auparavant cultivateur de riz en Birmanie, les Karens sont nombreux aujourd'hui à tisser des vêtements et faire de l'artisanat. A la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande, les retombées du boum touristique ont permis un décollage économique, dont le signe le plus visible est l'installation de l'électricité.

On aime moins
Les visiteurs se font parfois berner lorsqu'on leur présente certains villages comme tout à fait authentiques. D'autant que des responsables locaux et des commerçants peu scrupuleux font tout pour les duper. L'arrivée de bataillons de touristes conduit lentement à l'érosion des valeurs et des traditions culturelles des minorités ethniques. Les "villages" se dotent d'hôtels modernes, de commerces d'objets artisanaux et de débits de boissons sucrées.

Peu à peu, ces villages perdent ce qui attire précisément les visiteurs, c'est à dire leur véritable identité, au point que les professionnels du secteur s'emploient alors à trouver d'autres villages dans des régions toujours plus reculées. Parfois, certaines petites communautés sombrent dans ce que certains anthropologues appellent "l'ultime étape" de cette industrie, le trafic d'opium et la prostitution des enfants. Attention tout de même, ces phénomènes existent mais il ne faut pas les associer à tous les villages.

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Les infos pratiques

. Formalités : Pas de visa pour un séjour de moins d’un mois ; le passeport doit être valable 3 mois après la date d'arrivée. Ambassade : 12 rue Lord Byron 75008 Paris, Tél. : 01 42 89 89 24
. Décalage horaire/France : + 5h en été et + 6h en hiver
. Durée du vol Paris-Bangkok : environ 10h30 à l'aller et 11h au retour
. Santé : Aucun vaccin obligatoire.
. Monnaie : le Baht
. Indicatif téléphonique: 66 (puis 2 pour Bangkok)
. Electricité : 220 v (fiches européennes)
. Renseignements complémentaires auprès de l’office du tourisme (sur place : 90 Av des champs Elysées 75008 Paris ; Tél. : 01 45 62 86 56) ou via internet sur le site de l’office du tourisme thaïlandais (en français).

 

 

 
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