La Havane, vue sur le Malecon depuis
le fort San Salvador de la PuntaImaginez-vous à la Havane, installé sur le siège un peu fatigué d'une vieille Buick rutilante. La belle américaine longe le paseo du Malecon, la croisette de la capitale cubaine.
Le jour tombe et les promeneurs arpentent déjà le front de mer balayé par les vagues. Les façades des maisons couleurs de sable, abîmés par le temps et le sel, conservent un charme suranné inexplicable.
La Havane semble toujours figée dans les années 50. Les Pontiac et autres Chevrolet, sans cesse rafistolées, ont toujours fière allure et tiennent le haut du pavé. Quelques rares voitures récentes partagent le bitume avec les calèches, les coco taxi et les guaguas camello, ces "bus chameau" tractés par des camions.
Plaza de la Catedral (La Havane)Peu de panneaux publicitaires polluent les murs. En revanche, les stigmates du temps abîment les belles façades des immeubles aux style architecturaux tous différents, mélange surprenant de baroque et rococo, de néoclassique et d'art déco.
Sur le Prado, la plus belle avenue de la ville, la splendeur passée transparaît derrière la décrépitude ambiante. Des grilles stylisées en fer forgé, des escaliers en marbre et des patios ombragés, tels sont les trésors abrités dans de vénérables demeures de style colonial.
L'heure est pourtant à la réhabilitation des maisons, monuments et palais. Et la rénovation s'est accélérée depuis 1991, date de l'"ouverture" touristique. En revanche, les fastes d'antan semblent n'avoir jamais quitté certains lieux mythiques, tels l'hôtel Nacional ou le célèbre cabaret Tropicana.
La culture de la fête est intacte à la Havane. Le soir, la rue et les bars appartiennent aux trovas (troubadours). Cette cité bouillonnante et envoûtante résonne alors aux sons des maracas et des güiros.
La Bodeguita del Medi (La Havane)Partez sur les traces d'Hemingway. Comme "Papa", le surnom du romancier, commencez votre périple nocturne par la dégustation d'un daiquiri au Floridita. Redescendez ensuite la commerçante calle Obispo jusqu'à la ravissante Plaza de Armas, le rendez-vous des bouquinistes. Tournez à droite jusqu'à la belle Plaza de la Catedral (admirez sa façade baroque).
Vous voilà à la Bodeguita del Medio, là où cubains et voyageurs aiment à se retrouver en sirotant leur mojito. L'amateur de rhum fera d'autrse détours agréables, du bar El Floridita où Hemingway vanait boire son apéritif, au musée Havana Club, du nom de la grande marque de rhum cubain.
L'île a connu une grave pénurie de matière première après l'effondrement du grand frère soviétique. Aujourd'hui encore, les automobilistes doivent compter avec une essence rationnée. La "période spéciale", même atténuée, reste synonyme de privation et de crise économique.
Entre danse et musique, nonchalance et sensualité, salsa et rumba, la culture aide à rythmer autrement un quotidien difficile. Vous serez sans cesse surpris par la qualité et la chaleur de l'accueil des Cubains, un peuple né d'un long métissage entre colons espagnols, esclaves africains et migrants des îles voisines.
A l'Ouest de la Havane, les belles plages de l'est mènent tout droit jusqu'à Varadero, la grande station touristique de l'île. Les resorts se succèdent sur cette longue bande de sable blanc. De l'autre côté de La Havane, dans la vallée paisible de Viñales, les surprenants "mogotes" - des petites collines en forme de pain de sucre - forment le paysage le plus étonnant de l'île.
A quelques encablures de là, Pinar del Rio demeure le royaume du tabac. Profitez-en pour aller visiter une salle de rouleurs - si vous ne l'avez déjà fait à la Havane - et achetez sur place ces cigares de renommée mondiale (Montecristo, Havane, Cohiba et autres Partagas… ).
HolguínLe voyageur privilégié prendra quelques jours supplémentaires pour visiter le centre et l'Est de l'île. Sa route le conduira d'abord à Trinidad. Après d'importants travaux de restauration, cette ville indolente a retrouvé tout son charme d'antan. Son cœur historique est désormais classé par l'Unesco au patrimoine mondial de l'Humanité, tout comme celui de La Havane.
A l'Est de l'île, Santiago de Cuba, la capitale de l'Oriente, résonne davantage aux sons afro-cubains. La musique y occupe une place centrale. Son carnaval (en juillet) est d'ailleurs plus chaud encore que celui de La Havane (en février).
Cuba, dans l'Est aussi, mise gros sur le tourisme. Les autorités cubaines portent notamment leurs efforts sur Holguin et Guardalavaca, la deuxième station balnéaire de Cuba, un autre pôle touristique en plein boom…
Cuba a donc su marier dollar et socialisme. L'Histoire de la révolution est encore partout présente. A La Havane, l'immense place de la révolution résonne des discours fleuves du Lider Maximo. Un grand portrait tiré de la célèbre photo d'Alberto Korda y rend hommage à Ernesto "Che" Guevara.
La révolution cubaine joue, dans le même temps, à fond la carte du tourisme, espérant y trouver son salut. D'aucuns pensent plutôt que la croissante constante du tourisme en sonne le glas. Surtout si la suppression de l'embargo américain génère une nouvelle vague...
© oopartir - 2007 - Texte : Sabine Raynaud - Photos : OT Cuba
CamagüeyOn aime
Cuba peut reprendre à son compte le slogan de l'Irlande: vous venez pour Cuba vous reviendrez pour les Cubains. Malgré les difficultés économiques, les habitants de l'île surprennent par leur énergie positive et leur foi dans leur pays.
On aime moins
Varadero, la grande station balnéaire de l'île, témoigne des ambiguïtés du développement touristique. Les Cubains n'ont souvent pas accès aux infrastructures touristiques. Les visiteurs étrangers n'y côtoient trop souvent que les employés et des prostitué(e)s dûment accrédité(e)s (alors que la prostitution a pratiquement disparu des grands axes de La Havane). Le sésame, c'est le pourboire. A Varadero règne d'abord le roi dollar.
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L'île de la Jeunesse, à 80 kilomètres de
La Havane, est l'un des plus beaux
spots de plongée des CaraïbesLes conseils de la rédaction
Cuba marche bien toute l'année, même si notre été (également l'été à Cuba) est très chaud, surtout à l'Est, dans la région de Santiago de Cuba. A la différence de la République dominicaine, Cuba mise beaucoup sur son patrimoine culturel exceptionnel. Par ailleurs, l'île est grande (900 kilomètres de la Havane à Santiago), il faut donc prévoir un minimum de temps ou opter pour la visite d'une partie seulement de l'île.
Les voyageurs à Cuba sont nombreux à louer une voiture et choisissent eux-mêmes leurs hôtels ou optent pour un itinéraire hôtelier préétabli. Côté balnéaire, à Varadero considéré comme le Cancun cubain, préférez plutôt Cayo Coco/Cayo Guillermo ou la côte de Santiago de Cuba, laquelle permet de combiner avec bonheur tourisme vert et plage, voire plongée sous-marine.
Les infos pratiques
. Visas : Pour un séjour de 30 jours maximum, passeport valable le temps du séjour et carte de tourisme soit délivrée par les agences et tour-opérateurs avec l’achat du voyage (au moins deux nuits d'hôtels, très intéressant car cela évite de passer par le consulat), soit disponible en se rendant au consulat à Paris (délivrance dans la matinée) si l’on achète uniquement le vol. Adresse du Consulat : 14, rue de Presles - 75015 Paris, tél : 01.45.67.55.35. Le visa est en revanche obligatoire pour les voyages professionnels ou si vous souhaitez loger chez des Cubains.
. Santé : Aucun vaccin n'est obligatoire.
. Monnaie : le peso
. Indicatif téléphonique: 53
. Electricité : 110 v (fiches américaines)
. Le site de l’office du tourisme cubain